Ce matin, ma nièce est venue me voir avec une question toute simple, mais qui m’a profondément interpellé.
Elle m’a regardé avec son innocence habituelle et m’a demandé :
— « Bappa doudou, c’est quoi la fête des femmes ? »
Je me suis dit que c’était une belle occasion de lui expliquer. Mais avant de répondre directement, je lui ai posé une autre question.
— « Dis-moi d’abord, pour toi, c’est quoi une femme ? »
Elle a réfléchi quelques secondes puis m’a répondu :
— « Une femme… c’est celle qui s’occupe de la maison, qui fait les tâches ménagères, qui prépare à manger et qui fait les corvées. »
Sa réponse m’a laissé un moment sans voix.
Tout ce qu’elle venait de citer, c’étaient des devoirs.
Pas un mot sur les droits.
Alors je lui ai demandé :
— « Mais tu n’as cité que des devoirs. Est-ce que les femmes n’ont pas aussi des droits ? Peux-tu m’en citer ? »
Elle a réfléchi encore… puis elle m’en a cité à peine deux.
À ce moment-là, j’ai compris quelque chose d’important : si une enfant de la nouvelle génération voit encore la femme uniquement à travers ses devoirs, alors il reste beaucoup à faire pour expliquer, sensibiliser et transmettre.
C’est à ce moment précis que je me suis donné une mission.
D’abord lui expliquer à elle, en tant que nièce, en tant que fille de la nouvelle génération.
Ensuite écrire cet article, pour partager cette discussion et rappeler ce que représente vraiment la Journée internationale des droits des femmes.
La genèse d’une journée de lutte
Contrairement à ce que beaucoup pensent, le 8 mars n’est pas seulement une journée pour offrir des fleurs, organiser des célébrations ou porter un pagne spécial.
Cette journée trouve son origine dans les luttes des femmes pour leurs droits.
Au début du XXᵉ siècle, dans plusieurs pays, des femmes se sont mobilisées pour réclamer :
- de meilleures conditions de travail
- le droit de vote
- l’égalité des droits
- la dignité et la reconnaissance dans la société
En 1910, lors d’une conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, l’idée d’une journée internationale dédiée aux droits des femmes a été proposée.
Depuis, le 8 mars est devenu un symbole mondial.
Un symbole de lutte, de reconnaissance et de progrès.
Plus qu’une journée internationale… une fête
Mais pour moi, cette journée est aussi une fête.
Une fête pour célébrer :
- les mères
- les sœurs
- les filles
- les épouses
- les collègues
- les amies
Toutes ces femmes qui participent chaque jour à construire nos familles, nos communautés et notre société.
Cependant, célébrer ne doit pas nous faire oublier l’essentiel : les droits des femmes ne sont pas un cadeau, ce sont des droits fondamentaux.
Ce que j’ai expliqué à ma nièce
Je lui ai expliqué que les femmes ont, entre autres :
- le droit à l’éducation
- le droit de travailler
- le droit de décider pour elles-mêmes
- le droit d’être respectées
- le droit de participer à la vie politique et sociale
Je lui ai aussi dit quelque chose de très simple :
Une femme n’est pas seulement quelqu’un qui sert.
C’est quelqu’un qui existe, choisit, décide et contribue.
Et je lui ai demandé de ne jamais oublier cela.
Pourquoi j’écris cet article
Si j’ai décidé de partager cette anecdote aujourd’hui, ce n’est pas par hasard.
C’est parce que l’éducation commence souvent par des conversations simples, parfois entre un oncle et sa nièce.
Si nous voulons une société plus juste, nous devons apprendre très tôt aux nouvelles générations que les femmes ont des droits autant que des responsabilités.
Alors en ce 8 mars, je veux dire une chose :
Oui, c’est une journée internationale.
Oui, c’est une fête.
Mais c’est surtout un rappel.
Un rappel que l’égalité, le respect et la dignité ne devraient jamais être négociables.
Et peut-être que la prochaine fois que ma nièce me dira ce qu’est une femme, elle ne parlera pas seulement de devoirs…
Elle parlera aussi de droits, de force et de liberté.

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