Le Ministère du Commerce a donné le coup d’envoi de sa campagne annuelle de destruction des produits impropres à la consommation. Cette action, amorcée dans la préfecture de Dubréka, marque une nouvelle étape dans la lutte pour la sécurité alimentaire et la protection des consommateurs guinéens.
Une opération symbolique à Dubréka
C’est dans la sous-préfecture de Ouassou, à Dubréka, que le ton a été donné.
Le Ministère du Commerce, à travers l’Office National de Contrôle de Qualité (ONCQ), a procédé à la destruction de 1 376 produits impropres à la consommation saisis entre janvier et septembre 2025.
Sur le site d’élimination, la ministre du Commerce, Madame Fatima Camara, a supervisé personnellement l’opération, rappelant la volonté du gouvernement de garantir la sécurité sanitaire des populations.
« Nous ne pouvons pas permettre que des produits périmés ou falsifiés mettent en danger la vie de nos citoyens. Chaque Guinéen a droit à une alimentation saine », a-t-elle déclaré, visiblement déterminée à faire de cette campagne une priorité nationale.
Sécurité sanitaire et confiance du consommateur au cœur de l’action
Cette campagne vise à renforcer le contrôle de la qualité des produits alimentaires et non alimentaires vendus sur le marché guinéen.
Selon les services techniques de l’ONCQ, la plupart des articles détruits provenaient de saisies réalisées sur les axes routiers, dans des entrepôts et des marchés de détail. Il s’agissait principalement de denrées avariées, de produits contrefaits, de boissons expirées ou encore de cosmétiques non conformes.
L’objectif est double : assainir le marché intérieur et restaurer la confiance du consommateur.
Car la prolifération de produits frauduleux n’affecte pas seulement la santé publique — elle mine aussi la compétitivité des commerçants honnêtes, contraints de rivaliser avec une économie parallèle dangereuse et souvent impunie.
L’ONCQ, garant de la qualité sur le marché guinéen
Créé pour veiller à la sécurité, la conformité et la certification des produits, l’Office National de Contrôle de Qualité agit comme le bouclier invisible des consommateurs.
Son Directeur Général, présent à Dubréka, a salué le professionnalisme des équipes régionales, soulignant l’importance de leur mission quotidienne.
« Conformément aux instructions du Chef de l’État et du Premier Ministre, nous poursuivrons sans relâche les contrôles pour que plus aucun produit dangereux ne circule sur le marché national », a-t-il déclaré.
L’ONCQ collabore étroitement avec les services préfectoraux, les douanes et les forces de sécurité pour identifier, saisir et détruire les marchandises non conformes. Ces opérations, souvent méconnues du grand public, constituent pourtant un maillon essentiel de la prévention sanitaire en Guinée.
Une lutte partagée à l’échelle africaine
La Guinée s’inscrit dans une dynamique continentale.
Des initiatives similaires ont été menées récemment au Sénégal, au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Togo, où les autorités multiplient les campagnes de destruction pour contrer les flux croissants de produits contrefaits.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 10 % des produits alimentaires vendus en Afrique subsaharienne seraient non conformes ou dangereux.
Ces campagnes reflètent un combat plus large pour la souveraineté sanitaire : assurer que les populations africaines aient accès à des produits sûrs, tout en stimulant la production locale et la traçabilité.
Enjeux économiques et sociaux
Derrière la destruction de ces produits se cache une réalité économique complexe.
Dans un contexte de forte inflation et de baisse du pouvoir d’achat, certains commerçants peu scrupuleux tentent de tirer profit de produits périmés ou contrefaits, souvent achetés à bas prix sur les marchés informels.
Mais ces pratiques ont un coût social : intoxications, perte de confiance, méfiance entre clients et vendeurs, voire atteinte à l’image du commerce guinéen.
Pour y remédier, plusieurs acteurs plaident pour plus de sensibilisation et un renforcement du cadre juridique, notamment en matière de sanctions contre les fraudeurs.
Une vigilance citoyenne encouragée
Le ministère rappelle que la réussite de cette campagne dépend aussi de la participation des citoyens.
Les consommateurs sont invités à signaler tout produit suspect, tout étiquetage douteux ou toute denrée vendue dans des conditions insalubres.
Dans les marchés visités, les habitants saluent cette opération qu’ils jugent « salutaire » pour la santé publique.
Une commerçante de Dubréka confie :
« Avant, il arrivait qu’on trouve du lait en poudre périmé ou du riz moisi. Maintenant, les contrôleurs passent plus souvent. On se sent mieux protégés. »
Une campagne pour restaurer la confiance
Le lancement de la campagne nationale de destruction des produits impropres à la consommation marque une étape clé dans la lutte contre l’insécurité alimentaire en Guinée.
Mais au-delà des bulldozers et des communiqués, c’est une culture de responsabilité partagée qu’il faut bâtir : celle où commerçants, consommateurs et autorités œuvrent ensemble pour garantir un marché sain, transparent et digne de confiance.



























