Dans le monde de Linux, il y a la découverte.
Et puis il y a l’évolution.
Dans mon précédent article, je racontais comment Linux a changé ma manière de voir le numérique. Aujourd’hui, je veux parler plus concrètement de mon parcours : ma première distribution, mes débuts difficiles sur une machine très modeste… et la configuration que j’utilise aujourd’hui sur mes deux ordinateurs.
Parce que oui, Linux n’est pas resté une idée abstraite.
Il est devenu mon environnement quotidien.
Ubuntu 12.04 : la première porte d’entrée
Je crois que c’était Ubuntu 12.04.
Je dis « je crois » parce qu’à l’époque, je ne notais pas les versions. Je découvrais.
Ubuntu est une distribution Linux.
Une distribution, c’est un système d’exploitation construit autour du noyau Linux, avec un ensemble de logiciels, d’outils et une interface graphique prête à l’emploi.
Ubuntu était (et reste) l’une des distributions les plus populaires au monde.
Elle est conçue pour être accessible, simple, conviviale.
Pour quelqu’un qui venait de Windows, c’était rassurant.
Mais mon ordinateur, lui, ne l’était pas.
Le HP Mini 110 : la réalité du matériel faible
À l’époque, j’utilisais un HP Mini 110.
Un netbook typique du début des années 2010 :
- 2 Go de RAM
- Processeur Intel Atom
- Carte graphique Intel GMA 3600 (tristement célèbre)
- Petit disque dur mécanique
Sur le papier, Ubuntu 12.04 demandait environ :
- 2 Go de RAM recommandés
- Un processeur correct
- Une carte graphique compatible
En pratique ?
C’était lourd.
Unity (l’interface d’Ubuntu à l’époque) consommait trop de ressources.
Le système fonctionnait, mais tout semblait lent, poussif, fragile.
Je découvrais déjà une vérité essentielle :
Linux peut faire revivre de vieilles machines… mais il faut choisir la bonne distribution.
Xubuntu 12.04 : la légèreté salvatrice
Très vite, j’ai migré vers Xubuntu 12.04.
Xubuntu est une variante officielle d’Ubuntu, mais avec un environnement de bureau plus léger : XFCE.
Moins d’effets graphiques.
Moins d’animations.
Moins de consommation mémoire.
Et soudain, mon petit HP Mini respirait.
Ce n’était pas rapide au sens moderne du terme, mais c’était utilisable. Stable. Fonctionnel.
C’est là que j’ai commencé à comprendre que Linux n’était pas “un système”, mais un écosystème de choix.
On pouvait adapter le système à la machine.
Pas l’inverse.
Ce que ces premières années m’ont appris
Avec Ubuntu puis Xubuntu, j’ai appris :
- Ce qu’est une distribution
- Ce qu’est un environnement de bureau
- Comment réinstaller un système
- Comment chercher des solutions
- Comment comprendre un minimum ce qui se passe derrière l’écran
Mais avec le temps, j’ai aussi pris mes distances avec l’univers Ubuntu.
Pas par ingratitude.
Par évolution.
Aujourd’hui : Solus et KDE Plasma

Aujourd’hui, mes deux machines tournent sous Solus, avec KDE Plasma 6.
Et oui : j’ai désormais horreur de l’univers Ubuntu et de ses dérivés.
Non pas parce qu’ils sont mauvais, mais parce qu’ils ne correspondent plus à ma philosophie actuelle.
Je préfère un système plus cohérent, plus maîtrisé, moins fragmenté.
Machine 1 — Dell Latitude E5450
- Intel Core i5-5300U (2 cœurs / 4 threads)
- 16 Go de RAM
- Intel HD 5500
- SSD
- Usage : multimédia, montage léger, audio Hi-Fi
Cette machine est solide, fiable.
Sous Solus + KDE Plasma 6 en Wayland :
- Accélération matérielle activée (VA-API)
- PipeWire pour l’audio
- TRIM actif pour le SSD
- Turbo CPU activé
- Gouverneur moderne intel_pstate
Elle gère parfaitement le 1080p.
La 4K est possible, mais lourde.
Kdenlive fonctionne bien en HD. Blender passe pour des scènes légères.
Ce n’est pas une machine de guerre.
Mais elle est optimisée, propre, stable.
Machine 2 — ThinkPad X390 Yoga (ma principale)
- Intel Core i5-8265U (4 cœurs / 8 threads)
- 16 Go de RAM
- Intel UHD 620
- SSD NVMe
- Écran tactile convertible
C’est ma machine actuelle.
Sous Solus 4.8 + KDE Plasma 6.5, tout est optimisé :
- Wayland stable
- VA-API complet (H264 encode/décode, HEVC, VP9)
- PipeWire + WirePlumber
- Compositeur KDE maîtrisé
- Animations contrôlées
- Système propre, sans tweak dangereux
Le montage 4K devient possible.
Blender est confortable.
Le système est fluide, cohérent, silencieux.
Pourquoi Solus ?
Solus n’est pas basée sur Ubuntu.
Elle n’est pas basée sur Arch non plus.
C’est une distribution indépendante, avec :
- Un cycle semi-rolling
- Une sélection de paquets maîtrisée
- Une vraie cohérence système
- Peu de surcharge inutile
Moins de bricolage.
Moins de dépendances héritées.
Moins de complexité invisible.
Après des années d’exploration, c’est ce qui me correspond.
De la survie à la maîtrise
Quand je repense à mon HP Mini 110 avec ses 2 Go de RAM et sa GMA 3600 catastrophique, je souris.
À l’époque, je voulais juste que ça fonctionne.
Aujourd’hui :
- J’optimise mon CPU
- Je comprends VA-API
- Je configure PipeWire
- Je surveille le TRIM
- Je choisis Wayland en conscience
Ce n’est pas devenu une obsession technique.
C’est devenu une compétence.
Linux m’a appris que reprendre le contrôle ne signifie pas tout compliquer.
Cela signifie comprendre suffisamment pour choisir.
Et maintenant ?
Mon parcours est passé :
Ubuntu → Xubuntu → explorations → Manjaro → et aujourd’hui Solus.
Ce n’est pas une quête de perfection.
C’est une quête d’alignement.
Linux reste fidèle à ce qui m’a séduit au départ :
la liberté, la transparence, la possibilité d’adapter l’outil à soi.
Et cette fois, ce n’est plus une découverte.
C’est un choix assumé.
À suivre : dans un prochain article, je parlerai plus en détail de KDE Plasma et de ce que signifie vraiment « optimiser son système » sans tomber dans l’obsession technique.
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