Ce samedi 26 juillet 2025, malgré une pluie battante sur Conakry, le Centre Culturel Franco-Guinéen (CCFG) a accueilli un public nombreux venu assister à la cérémonie de dédicace du livre « Les Mères de la Liberté : Femmes et luttes pour l’indépendance en Guinée », un ouvrage engagé et salutaire signé par Kadiatou Konaté, jeune militante féministe de 24 ans.
La salle du CCFG, empreinte d’émotion et de recueillement, s’est transformée en un véritable espace de mémoire. Dans ce livre, Kadiatou Konaté réhabilite des figures longtemps restées dans l’ombre de l’histoire officielle : les femmes militantes qui ont joué un rôle crucial dans la lutte pour l’indépendance guinéenne, mais souvent éclipsées au profit des grands noms masculins.
Une œuvre de mémoire et de justice historique

En s’appuyant sur des archives, des témoignages et une recherche rigoureuse, Kadiatou remet en lumière des noms comme Mafory Bangoura, Jeanne Martin Cissé ou encore M’balia Camara, tout en interrogeant l’oubli de tant d’autres femmes anonymes mais essentielles dans les mobilisations, les réseaux clandestins ou encore le boycott des produits coloniaux. Le livre est autant un acte de résistance qu’un devoir de mémoire, comme l’indique sa quatrième de couverture.
« Les femmes étaient le cœur battant de la révolution. Sans elles, la lutte aurait manqué de souffle, car elles ont porté les espoirs d’une nation sur leurs épaules, tout en portant leur enfant sur leur dos. »
— Épigraphe du livre, citation de Kadiatou Konaté
Une cérémonie riche en émotions
La dédicace a été marquée par un discours fort du directeur général des Éditions L’Harmattan Guinée, Sansy Kaba Diakité, saluant la rigueur et la pertinence du travail de l’autrice :
« Je suis très heureux ce matin de prendre la parole pour féliciter Kadiatou Konaté. Elle a fait un travail de qualité de recherche pour raconter notre histoire. C’est papa qui disait que toute histoire qui n’est pas racontée est oubliée. Et lorsqu’une histoire est oubliée, Kadiatou, c’est comme si cette histoire n’a pas existé. Donc bravo pour ce travail de qualité. »
Une parole engagée et reconnaissante

Prenant la parole à son tour, Kadiatou Konaté a tenu à remercier chaleureusement le public et ses soutiens fidèles :
« Je me tiens ici dans cette salle pour vous dire merci. Merci énormément d’être là. Merci de croire en moi, merci de me soutenir à chaque fois que j’ai eu besoin de vous. Et surtout en cette journée pluvieuse, j’en suis extrêmement honorée. »
Elle a également rendu un hommage appuyé à son époux, avant de livrer l’origine profonde de son engagement dans ce projet d’écriture :
« J’ai écrit Les Mères de la Liberté parce qu’un jour en préparant une simple interview, je me suis rendu compte d’un vide. On parlait de l’indépendance, de grands noms, de grands hommes… et là c’était un choc. Presque aucun nom féminin. Je me suis posé la question : est-ce que ce sont uniquement ces femmes-là qui étaient là ? N’y en avait-il pas d’autres qui ont milité ? »
Un livre nécessaire pour les générations futures
Avec ce livre, Kadiatou Konaté redonne une place centrale à ces héroïnes invisibilisées, qu’elle qualifie de « mères, militantes, vendeuses de marché, nourrices » ayant porté la révolution sur leurs épaules. Ce travail s’adresse avant tout aux générations futures, afin qu’elles sachent que l’héroïsme s’écrit aussi au féminin.

Déjà récompensée par plusieurs distinctions — notamment le Prix All Africa du Leadership Féminin et le Prix de l’Espoir Féminin en Guinée (2022) — Kadiatou Konaté s’impose avec cet ouvrage comme une figure incontournable du féminisme et de la mémoire collective en Guinée. Détails du livre :
Titre :Les Mères de la Liberté : Femmes et luttes pour l’indépendance en Guinée
Autrice : Kadiatou Konaté
Éditeur : L’Harmattan Guinée
ISBN : 978-2-336-53736-8
Prix : 15 €
La cérémonie de dédicace de ce 26 juillet 2025 n’était pas seulement la présentation d’un livre. C’était un acte de transmission, un hommage collectif et une réparation symbolique pour toutes celles dont les noms ont été effacés des récits historiques. Grâce à Les Mères de la Liberté, leur mémoire vivra.




